CLARISSE BONDOMA, JEUNE PLUME AUDACIEUSE

Derrière ses lunettes, elle a le regard confiant. Clarisse Bondoma, 17 ans, a comme autre ingrédient à sa bonne humeur, un sourire communicatif. La jeune fille s’exprime posément, sans calcul, même si elle reste en quête perpétuelle du mot juste. Toutes choses qui ont su convaincre les responsables de la maison française EdiLivre, quand l’an dernier, la jeune auteur leur transmet par mail le manuscrit de sa nouvelle « Etage inférieur ». « Sur le coup, je pense que les éditeurs ne savaient pas que j’avais 17 ans. Quand ils ont envoyé le contrat d’édition, j’ai dû leur dire que j’étais mineure, et que j’avais besoin de la fiche dédiée à cette catégorie d’écrivains », se souvient-elle. Le défi de se lancer dans cette aventure avec une plume novice dans l’univers des lettres, EdiLivre l’a accepté. Et pas pour son regret.

Le premier ouvrage publié de Clarisse Bondoma est le voyage intrinsèque d’un homme torturé, et qui pour compensation à sa souffrance morale, décide de faire payer ses frustrations à son entourage par sa méchanceté absolue. Pourquoi une jeune fille s’intéresserait-elle à la vie de ce monsieur à problèmes ? « A travers le personnage de Guillaume, je parle en fait des difficultés qu’affrontent les deux genres. Car j’en profite pour montrer au grand jour les violences faites aux femmes au sein des couples et en même temps les tribulations que subissent les ménages, entre stérilité et absence d’amour », justifie l’écrivaine, qui dit s’inspirer de tout. « Ecrire pour moi, c’est matérialiser ma pensée, communiquer mes émotions aux autres », précise-t-elle. Avec « Etage inférieur », elle n’est pas à sa première création. Depuis toute petite, elle dévore des ouvrages, en suivant l’exemple de ses grandes sœurs, également grosses consommatrices de livres. « J’aime beaucoup l’auteur islandais de roman policier, Analdur Indridason, parce que son travail a toujours des issues complètement inattendues. Il nous conduit sur une piste, et même si on sait déjà qui est le coupable comme “Dans l’ombre”, le suspense reste intense », rappelle Clarisse Bondoma.

C’est donc en terrain connu qu’elle arrive quand elle participe à ce concours d’écriture organisé en 2019 par son établissement, le Collège Jean Tabi à Yaoundé. Après le succès de la nouvelle à cette compétition scolaire, et sur les bons conseils de sa famille et des enseignants, Clarisse améliore son texte et le propose à EdiLivre. La suite est connue. Quand elle sera « grande », Clarisse Bondoma rêve de devenir procureur, mais elle va poursuivre son métier d’écrivain en parallèle. D’ailleurs, elle a déjà trois romans sur le feu… Pour l’instant, la future élève de Terminale littéraire (dans l’attente des résultats du Probatoire) passe ses vacances au village, à Ombessa, dans le Mbam-et-Inoubou. Qui sait, elle en reviendra peut-être avec d’autres belles histoires à conter.

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