DAVID TONA, REALISATEUR ET FONDATEUR DE «NU FIAM» : «JE VEUX ÊTRE LA NOUVELLE FLAMME DU CINEMA»

Enfant, David devant la télé se posait une myriade de questions sur la magie du cinéma. Comment arrive-t-il lui, depuis sa chambre à recevoir ces images, dont certaines sont à peine croyables, d’autres fascinantes, voire choquantes. Comment telle ou telle action a été rendue possible ? De là est né sa curiosité d’en savoir plus. Bac en poche, c’est alors qu’il décide de percer le mystère. David Tona décide de faire des études de cinéma pour se retrouver derrière la caméra. Étudiant, c’est depuis les amphis qu’il a produit ses premiers films avec peu de succès. Apprenant de ses erreurs, le courage en bandoulière, il décide de rebondir. Résultat : en 2018, il est sacré meilleur réalisateur africain des Oscars Afro d’Italie. Très ambitieux, son rêve est de faire bouger le cinéma, africain, le cinéma togolais en particulier, afin d’espérer, un jour s’asseoir à la droite des manitous du 7è  art dans peu d’année. AfricaGlobe.net lève un coin de voile sur ce jeune réalisateur prometteur qui se fait appeler « la Nuova Fiamma », la nouvelle flamme qu’il entend incarner. «Nu fiam» est le nom de son label. ENTRETIEN.

Peut-on savoir davantage qui est David ? 

Je suis David Tona, plus connu sous le nom de  réalisateur «David Nu Fiam». Je suis nationalité togolaise et je réside en Italie depuis 2013. 

Quel est  votre parcours académique avant le cinéma ?

J’ai eu mon baccalauréat au Togo en 2010. Après je me suis inscrit en Sociologie à l’université de Lomé, mais cela n’a pas duré et j’avais décidé de quitter le Togo. Je me suis rendu en Italie où j’ai fait une licence en Sciences et technologies de la communication option cinéma. Après j’ai eu à faire un Master en cinéma, télévision et production multimédia. Durant mon parcours, j‘ai eu à multiplier des stages dans le domaine du cinéma ici en Italie et en France. Actuellement je suis en phase  de préparation de mon test d‘entrée au cycle Doctorat en Cinéma.

Comment êtes-vous amené à vous intéresser aux métiers de l’art cinématographique ?

Quand j’étais encore enfant et on suivait les films, je me posais beaucoup de questions sur ces images, la véracité de ces faits et tout ce qu’on nous montre. Ça  suscitait en moi une grande curiosité de découvrir ce qui se cachait derrière tout cela. Une fois arrivé au lycée, je commençais à développer une grande passion pour le cinéma. Après l’obtention de mon Bac en 2010, j’ai décidé de me lancer en passant par le Sénégal à l’époque. Mais voyant les conditions de formation en cinéma au Sénégal, j’avais décidé   avec l’appui de mon grand-frère journaliste qui  m’avait accueilli à l’époque de quitter le Sénégal pour venir continuer mes études en Italie.

Après  vos études cinématographiques en Italie qu’avez-vous fait ?

J’ai terminé mon master en cinéma juste cette année 2020 et je suis en préparation de mon test de doctorat actuellement. 

 Qu’est-ce qui vous plait dans le travail de réalisation et de production ?

En tant que réalisateur c’est le fait de voir déjà l’œuvre portée ton nom comme signature. Cela donne une fierté et un amour pour le travail que tu accomplis. Ensuite, mettre en place les castings, faire les repérages du tournage du film, choisir le matériel et composer son équipe de techniciens pour le tournage. Sur le set du tournage, c’est une fierté de diriger les acteurs, coordonner le travail des techniciens. À la fin, cette joie de voir ton film sélectionné au festival et d’attendre une récompense de Prix pour le travail fourni. En étant producteur, c’est cette confiance que les partenaires et sponsors t’accordent en finançant ton projet de film. Voir une réussite du projet.

 Parlez-nous de « Nu Fiam Productions ». Comment l’idée vous est venue ?

En 2015, de mon retour de stage en France, j’ai décidé de créer ma propre maison de production de films appelée « Nu Fiam PRODUCTIONS ». J’avais eu l’idée à travers les encouragements de ma famille et de mes proches. J‘ai officiellement commencé à tourner des films, des vidéos et des clips musicaux. 

Quels sont les différents films que vous réalisés et comment ils ont été accueillis par le public ?

En début 2016, j’ai réalisé un long métrage qui est lié à mon thème de soutenance, « Nos erreurs du passé ». Étant donné que c’était mon tout premier film, j’ai reçu des encouragements mais aussi des feedbacks négatifs sur la qualité du produit fini, puisque le matériel utilisé, aussi coté actorat qui n’était pas professionnel. Mais il y avait une grande envie et une passion de tous ceux qui avaient participé à l’époque au projet d’avancer et de faire mieux. En conclusion, sur le premier film, comme son nom même l’indique «Nos erreurs du passé», j’ai eu à apprendre de ces erreurs pour avancer. Ensuite j’ai réalisé mon deuxième film en 2017 «Mariage impossible».

 Et comment cela s’est passé cette fois-ci pour ce deuxième bébé  de «Nu Fiam» ?

Ce film a également rencontré des problèmes de matériel professionnel. Cela a joué sur la qualité d’image et d’audio mais la dévotion et la passion n’avaient pas changé de camp. D’ailleurs, le public a bien accueilli ce film malgré le manque de matériel, certains médias n’ont pas hésité à soutenir la sortie du film dans le temps. Ici, je les remercie tous à nouveau. Personnellement, je ne suis pas satisfait de ces deux sorties puisque mes ambitions sont beaucoup plus grandes et lointaines de ces deux films du début. 

Après j’ai réalisé un court métrage en 2019 « L’unità ». Ce court métrage n’est pas présenté directement au public, mais a été sélectionné dans un festival de film aux Usa et se trouve actuellement sur d’autres plateformes de festival en cours de sélection.

De quoi parle votre film « Mariage impossible » ?

Le film «Mariage impossible » parle d’Ibrahima, une jeune fille de confession musulmane, issue d’une famille aisée, qui tombe amoureuse d’un jeune chrétien, nommé Joseph dont les parents ont du mal à joindre les deux bouts.  Disons à travers ce film, je montre comment l’antagonisme entre musulmans et chrétiens se manifeste. Bien que les religions soient aussi des organes de paix dans tous les pays du monde, parfois des responsables religieux peuvent peser sur leurs fidèles et ainsi contraindre ceux-ci  à agir contre la liberté de choix de leurs semblables.

 Vous avez été sacré meilleur réalisateur africain en Italie aux Oscars Afro d’Italie en 2018. Pouvez-vous  nous dire de quoi il s’agit ?

Oui,  j’ai été meilleur réalisateur africain en Italie en 2018 aux éditions des afro oscars d’Italie.  Afro Oscars Italie, c’est un concours de talents qui regroupe toute la diaspora africaine en Italie. Ce concours a pour but de récompenser chaque meilleur talent dans son domaine. Aux éditions de 2018, j’ai été nominé dans la catégorie meilleur réalisateur et par la grâce de Dieu, j’ai été sacré meilleur Réalisateur africain en Italie, 2018.

Qu’est-ce que l’obtention de ce titre  vous a apporté professionnellement parlant ? Est-ce que cela vous a ouvert des portes pour des collaborations, des projets … ?

Je dirai  que cela m’a donné une ouverture sur le monde du cinéma. Cela m’a permis effectivement d’être encore plus connu dans mon domaine. Mais  j’aurais aimé surtout avoir des contacts allant du sens de production de films …

Quels projets cinématographiques avez-vous pour l’Afrique et le Togo en particulier ?

 Le Togo en particulier fait partie de mon programme puisque mon thème de master portait sur «Les solutions de développement du cinéma togolais». J’ai une grande envie de porter haut ce cinéma togolais. Je suis en pleine recherche de préparation d’un film documentaire que je vais tourner d’ici l’année prochaine en Afrique. Après le documentaire, j’ai deux autres films à tourner soit au Togo, au Gabon ou encore  au Sénégal. Pour l’instant le choix n’est pas encore définitif. 

Quel  a été l’impact de la Covid-19 sur  vos activités ?

Personnellement, la covid-19 a eu un impact négatif sur mes activités  en ce sens que je suis dans un domaine qui demande beaucoup de voyages et des recherches sur le terrain, mais vu qu’on était enfermé dans la maison pendant plus de trois (3) mois pratiquement sans faire des activités, cela m’a beaucoup affecté… 

Quelles difficultés rencontrez-vous de manière générale dans le travail cinématographique ?

Ma plus grande difficulté reste le manque de financement. Ce manque de financement se voit directement sur la réalisation de mes projets. Si j’ai la chance d’avoir des financements pour construire une équipe de techniciens dignes de ce nom sur mes projets, je crois que je suis capable de réaliser des films qui vont rivaliser plusieurs films à l’échelle internationale.

Un commentaire sur votre nom d’artistes « Nu Fiam » pour nos lecteurs.

«Nu Fiam» c’est le diminutif en italien de «nouva fiamma» qui veut dire «Nouvelle flamme», mais comme je veux mieux personnaliser le nom, j’ai opté pour «Nu Fiam» qui veut tout simplement dire nouvelle flamme, oui je suis cette nouvelle étoile. 

Propos recueillis par Pélagie SÈNE

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