EXPERIENCES MUTUELLEMENT ENRICHISSANTES : NECESSITE DE PROMOUVOIR LA COOPERATION SUD-SUD EN AFRIQUE – Par RECKYA MADOUGOU

Sur le chemin du partage d’expériences, nous croisons des initiatives fort louables qui retiennent particulièrement notre attention et suscitent notre intérêt.
En cultivant une ouverture d’esprit, l’on découvre, s’enrichit et bonifie ses projets.

Ce fut encore le cas lors de mon récent périple, qui a conduit la Team RM notamment dans différentes préfectures de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, à travers de remarquables incubateurs agricoles et technologiques. Mais aussi et surtout des incubateurs d’un autre genre, adaptés à nos réalités africaines, en réponse à la déscolarisation massive ou la non scolarisation des jeunes filles. J’ai particulièrement aimé la philosophie de ces centres d’accueil qui redonnent une nouvelle chance de s’en sortir à celles qui par naïveté, abus, contraintes familiales ou manque d’encadrement se retrouvent en marge du système formel d’éducation et de formation, et souvent après avoir contracté une grossesse ou un mariage précoce.

Je vous avais dans une précédente publication entretenus sur l’Institut de Formation et d’Education Féminine dont je me suis agréablement imprégnée à Port Bouet en Côte d’Ivoire. 👉https://www.facebook.com/167790549913241/posts/5530405926984983/?sfnsn=mo

Je vous parlerai à présent de l’ONG RABEC (Réseau d’Associations pour le Bien-être Communautaire) qui m’a invitée pour une visite de partage d’expériences dans son centre le 22 décembre 2020 à Dakar. Je fus à jamais marquée par l’utilité hautement publique et salutaire de son œuvre très inspirante.

La visite de l’ONG RABEC s’est déroulée en deux étapes.
La première nous a permis de découvrir son siège situé en plein cœur du quartier populaire de Grand Dakar et son mode de fonctionnement.
La seconde, consistait à nous plonger dans le centre de formation des jeunes filles.

J’étais pour la circonstance en compagnie entre autres de:
Mme Aminata DIOP SAMB (Directrice de la couveuse CEPEM, Couveuse d’Entreprise pour la Promotion de l’Emploi par la Micro-entreprise / FODEM, Fonds de Développement et de Solidarité Municipal )

  • M. Youssoupha BADJI ( Secrétaire Exécutif de l’ ONG RABEC)
  • Mme Bineta DIOP (Agent Technique de la CEPEM)
  • Mme Awa DIBA, Formatrice et Coordinatrice des activités au sein de l’ONG

Le RABEC est une ONG existant depuis 1999, mais ayant été érigé et reconnu en Mai 2003.
Regroupant en son sein plus d’une cinquantaine d’OCB (Organisations Communautaires de Base) composées d’associations, de groupements de femmes, de syndicats, de GIE et même de mutuelles de santé, le RABEC oeuvre dans la formation, le renforcement et l’accompagnement des enfants et des jeunes filles en situation difficile.

Le RABEC s’inscrit dans une démarche de libération du potentiel humain au travers de l’approche « former pour transformer ».
A ce titre, il administre aux jeunes filles défavorisées (orphelines, illettrées, filles mères, filles de ménages,…) des formations:

  • en développement personnel, afin de cultiver en elles, la confiance et l’estime de soi,
  • sur la santé sexuelle, afin de les sensibiliser sur les menstruations, les rapports sexuels et les grossesses non désirées.
    Elles suivent également des formations en couture, pâtisserie, informatique, infographie ou fabrication de produits usuels (Javel, Savons, Jus de fruits-légumes). Ces formations, s’étendent sur 3-4ans et sont dispensées par des femmes bénévoles et jeunes filles déjà formées.

A ce jour, plus de 5000 femmes sont soutenues dans leur projet entrepreneurial. Et le fonds FODEM mis en place par la mairie de Dakar accompagne également le financement desdits projets.

Par ailleurs, le RABEC a mis en place un programme de suivi des enfants dans la rue, communément appelé TALIBES des zones de Grand Dakar et banlieues.
Et comme action à leur endroit, une pharmacie a été mise en place pour s’occuper de leur santé.
En sus, tous les jeudis, 80 enfants sont alphabétisés. Formation dispensée par de jeunes étudiants bénévoles.

Selon M. BADJI, l’ONG est financée à 40℅ sur fonds propres, bénéficie de l’aide d’un partenaire étranger et du FODEM-CEPEM.
La Directrice du FODEM a pu témoigner de l’efficacité opérationnelle de son partenaire l’ONG RABEC qu’elle a félicité pour les actions qu’elle mène en faveur des jeunes filles et enfants en situation difficile.
Elle a également précisé que depuis Janvier 2020, le RABEC est devenu un partenaire stratégique. Choisi parmi plusieurs structures en raison des actions concrètes qui y sont menées, du sérieux des responsables et enfin des résultats perceptibles obtenus.
De ce fait, la CEPEM, accompagne les activités du RABEC à travers des formations, financements et suivis.

Au centre RABEC, j’ai pu toucher du doigt la réalité des jeunes filles ciblées et constater les formations pratiques qui leur sont développées et qui impactent à jamais leur vie en les rendant autonomes pour la postérité. Leur tranche d’âge se situe entre 17- 25ans. Elles s’adonnaient ce jour là avec enthousiasme à leur formation, comme pour dire merci à la vie de les avoir rachetées, leur donner une nouvelle chance. Je les ai vues à l’œuvre en:
couture, broderie et perlage ( avec à leur actif de très beaux boubous, robes et mules confectionnés pour des client(e)s pour les fêtes de fin d’année),
préparation de l’eau de javel, initiation à l’informatique.

La brave et dynamique madame Samb en me remerciant pour mon «engagement aux côtés des jeunes, des femmes et des personnes vulnérables avec humilité et dévouement» selon ses mots, ne se doutait pas de combien cette immersion est une aventure mutuellement enrichissante pour toutes les parties en présence, y compris donc pour moi, avec à la clé des possibilités de partenariats.

Cette visite qui s’est soldée par un point de presse m’ayant été aimablement imposé par les médias sénégalais, a démontré au travers de la pertinence de leurs questions, l’intérêt des partenariats sud sud entre nos états. J’ai d’ailleurs dans mes réponses, renouvelé mon plaidoyer dans ce sens, non sans rappeler que parce que nos peuples et nos contextes sont globalement similaires, il existe sans doute de nombreux mécanismes, ayant fait leurs preuves, facilement adaptables dans nos contrées..

TeamRM

ServingAfrica

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