LITTÉRATURE : <<... CE N'EST PAS TOUS LES ÉCRIVAINS QUI ÉDUQUENT...>>

La journée internationale de l’écrivain africain a été célébrée aujourd’hui. Elle est décrétée par l’Organisation des Nations Unies le 07 novembre 1972. A cette occassion nous recevons en entretien Enock Guidjimè , jeune écrivain béninois. Il parle des défis auxquels les écrivains béninois sont confrontés.

Présentez- vous !


On m’appelle Enock GUIDJIME. Je suis journaliste à Educ’Action, une presse spécialisée dans les questions éducatives au Bénin et en Afrique. Je suis également auteur du roman  » Les Délires de l’Inconscience » paru en 2018  aux éditions Milca à Cotonou.

Comment se porte la littérature béninoise?

 La littérature béninoise va bien. La littérature béninoise grandit tel un enfant bien né même si, sous nos cieux, les livres restent parfois orphelins de lecteurs. C’est souvent le cercle des lecteurs que l’écrivain a affidé qui le lit. Du reste, la littérature béninoise connaît chaque année de nouveaux auteurs qui essayent vaille que vaille de jouer pleinement leurs rôles qui sont de guérir les maux par les mots, de projeter les dégâts que telles situations peuvent causer. 


Au 21iècle,  l’écrivain a-t-il encore sa part de responsabilité  dans l’éducation de la  société?


Rire… L’écrivain reste et demeure cet être humain naturel mais créatif qui panse les blessures des sociétés froissées par la jalousie, la calomnie, l’infidélité, la tricherie, la discrimination, la tristesse etc. Il a toujours la responsabilité dans l’éducation de la société. Du moment où le génie du créateur (l’auteur) du texte allume les projecteurs sur un fait social, c’est qu’il a un objectif. Mais ce n’est pas tous les écrivains qui éduquent. Un livre qui parle de l’homosexualité tout en clamant cette forme de relation n’éduque guère sous nos tropiques. C’est vrai que certains africains s’abonnent à cette relation mais elle sera plus applaudir dans l’hexagone que sur le continent africain. L’écrivain signe un contrat invisible avec le lecteur. Ce lecteur qui prend le livre n’a peut-être pas vu l’auteur nulle part mais il est admiratif du titre du livre et désire se faire conduire par le génie de cet écrivain. L’écrivain fait voyager, amène dans son monde et  fait descendre à une destination que vous ne souhaiterez pas échouer probablement. Il vous amène à réfléchir et de réflexion en réflexion vous vous auto-éduquez.


Vous êtes un jeune écrivain béninois, quels sont les défis auquels l’écrivain béninois est confronté?

En termes de défis, je dirai que l’écrivain béninois ne jouit pas pleinement de son art. La révolution dans le domaine livresque n’a pas encore commencé au Bénin. La vente  en ligne des livres par exemple. Il en existe mais pas comme il le faut. Ceux qui aiment lire sont habitués à la version papier.  » L’habitude est une seconde nature », dit-on. La piraterie des livres est aussi un défi majeur auquel les acteurs du livre sont confrontés. L’écrivain ne bénéficie pas de ce qui lui revient dans ce cas. Le livre qui est 2000F à la librairie par exemple , monsieur tout le monde le parodie et le vend à 500F. C’est un défi éternel auquel il faut penser y remédier. Et à l’interne, c’est de changer comme on peut l’armature du livre.


Etant qu’écrivain, comment projetez- vous le monde de l’écriture dans 10 ans moins? Que comptez-vous apporter?

 L’écriture sera plus percutante à l’horizon 2039. Il y aura une virtuosité constante. Seulement que la littérature béninoise doit bénéficier d’un regard cuisant aux fins de soigner de plus en plus les maladies de la société.  Nous sommes disponibles où besoin se sentira, car le fleuve de la littérature nous conduits malgré nous.

Propos recueillis par Giraud Togbé

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