MONSIEUR LE PRÉSIDENT, LA JEUNESSE VOUS OFFRE SA FOUGUE RÉVOLUTIONNAIRE… PRENEZ-LA ET TRANSFORMEZ CE PAYS

« L’inquiétude à la jeunesse est la porte garante d’une quiétude à la vieillesse. » dixit Salim Boudiaf
Monsieur le Président, Demain se prépare Aujourd’hui
Loin d’être indifférents, les jeunes sont concernés par le processus politique de la société et veulent être impliquées au fonctionnement et à l’organisation de la société. Nous croyons plus que jamais en la possibilité d’une transformation intelligente et structurée de la société. Les jeunes doivent être responsabilisés pour faire bénéficier à la société de leur fougue révolutionnaire.
Monsieur le Président Abdou Diouf, deuxième président du Sénégal, a eu des responsabilités qui lui ont été confiées dans sa plus tendre jeunesse. A 26 ans, il a été gouverneur de l’une des régions les plus importantes du Sénégal, à 27 ans, secrétaire général de la présidence de la République, à 32 ans, ministre de Senghor, à 34 ans, Premier ministre, et à 45 ans, président de la République du Sénégal.
Monsieur Moustapha Niasse, actuel Président de l’Assemblée Nationale, fut Directeur de cabinet à 24 ans. De même que feus Djibo Kâ, Ousmane Tanor Dieng, Bruno Diatta, ont tous eu des responsabilités à l’âge de 25 ans.
Le temps de l‘engagement politique est celui de l’urgence d’apporter des solutions concrètes face aux maux dont souffre la population. Les nouvelles politiques doivent s’appuyer sur des actions efficaces. Et pour l’atteinte des objectifs prédéfinis, la jeunesse sénégalaise doit être impliquée.
Monsieur le Président,
Le dialogue national se veut être inclusif, mobilisant les partis politiques , les organisations patronales, la société civile, les autorités culturelles et coutumières.
Mais aujourd’hui, Monsieur le Président, quelle est la place de la jeunesse dans ce dialogue national de haut niveau? Serait-il pertinent sans la participation de la jeunesse?
La force de la démocratie se mesure par la capacité d’accès des citoyens hommes comme femmes par la participation, quel que soit sa forme politique, économique ou sociale. Les jeunes notamment, mais également les femmes et les handicapés au sein des institutions démocratiques, pourront y trouver plus facilement leur place et y mettre en évidence leur qualité d’action, leur sens des responsabilités et leur capacité de propositions.
C’est ainsi que l’Observatoire de Suivi des Indicateurs de Développement Economique en Afrique (OSIDEA), dans le cadre de son projet de plaidoyer milite pour une meilleure représentativité des jeunes, des femmes mais aussi des personnes vivant avec un handicap dans les instances de décisions.
Dans plusieurs pays, on a vu des jeunes accéder au Parlement. Leire Pajín Iraola, a été élue au Congrès des députés pour la circonscription d’Alicante lors des élections législatives du 12 mars 2000, devenant, à 23 ans, députée.
En France, on peut citer Mathieu de Montmorency-Laval, Edme Bonnerot, Nicolas Hentz respectivement âgés de 22,24 et 24 ans lorsqu’il accédait à l’hémicycle. Enzo Lattuca de de la République italienne, a été élu lors des élections générales italiennes de 2013 alors qu’il n’avait que 25 ans
Au Sénégal, 18 ans est en effet l’âge à partir duquel une personne est considérée comme majeur et bénéficie d’une égalité de traitement aux termes de la loi. La personne devient pleinement apte à exercer tous ses droits civils.
Pourquoi pas aujourd’hui une Assemblée nationale rajeunie ? Rajeunie parce que les jeunes ne sont pas représentés à l’hémicycle. En effet, seul un député (femme) a moins de 30 ans. Contradictoire dans un pays où le poids démographique des jeunes âgés entre 15 et 35ans, représente 35,25%de la population.
Une modification de la loi abaissant l’âge d’éligibilité d’un député à 18 ans serait à saluer. Cette proposition pourrait permettre d’avoir un parlement avec plus de jeunes car force est de constater qu’être jeune, eu égard à la législation existante, reste une rareté dans l’hémicycle, où la moyenne d’âge de nos députés est de de 54 ans. Ce rajeunissement est d’autant plus important que le plus part des politiques publiques, aujourd’hui, sont structurées autour de la prise en charge des jeunes et des femmes.
Et comme le disait Joseph Joffo « Par la jeunesse vient la promesse d’un avenir meilleur »
Khadidjatou DIAKHATE
Chargée de Programme Leadership et Jeunesse à l’Osidea