SON CABINET MOUILLÉ DANS 800 MILLIONS FCFA, ABDOU KHADRE LÔ SE LAVE À GRANDE EAU ET S’EXPLIQUE

Son ancien cabinet Premium Africa Consulting accusé par l’épouse de l’ex-président tchadien Fatime Raymonde Habré, d’avoir reçu 800 millions de francs CFA et d’avoir «acheté» une partie de la presse sénégalaise lors de la couverture du procès de Hissène Habré, à Dakar, par les Chambres Africaines Extraordinaires, Abdou Khardre Lô répond à son accusatrice et donne sa version des faits. Abdou Lô conteste le chiffre de 800 millions,  explique qu’un contrat a été signé pour plus de 500 millions sur deux ans entre le Tribunal et le Consortium et précise également avoir travailler de ménagère professionnel puisqu’un appel d’offre avait lancé dans le cadre de ce marché. Il récuse l’idée de distribution de l’argent à des médias. 

Entre Abdou Lô et Fatime Raymonde Habré qui a tort et qui a raison chacun ? Difficile pour le moment de le savoir. Toujours est-il que Fatime Raymonde Habré a, elle, des comptes à solder  avec différentes entités. Interrogée  cette semaine par Dakar Matin suite au décès d’Idriss Deby, elle en a profité pour différentes institutions intervenues dans la tenue du procès de son mari qu’elle tente de présenter comme exempt de tout reproche et peindre Idriss Deby dont elle dit apprendre la mort avec «beaucoup d’émotion » comme un monstre.

 Mme Habré en veut d’abord  au successeur de son époux Idriss Deby, mort la semaine dernière dans les tirs d’attaques rebelles du FACT, qu’elle accuse d’avoir traqué sa famille, financé le procès bâclé de son époux à cout de milliards de francs CFA et de mal gouverné le  Tchad dans la terreur et l’exclusion. 

Ensuite Mme Habré a une dent contre les autorités sénégalaises (notamment la justice) pour les conditions d’organisation du procès de son époux. L’ex-première dame du Tchad dénonce le non-respect de la présomption d’innocence et plus récemment le refus de la justice sénégalaise de libérer monsieur Habré qui est malade, selon elle pour qu’il se soigne. 

Autre grief que Fatime Raymonde Habré a contre les autorités sénégalaises c’est de n’avoir jamais voulu recevoir ni elle ni les avocats de son époux incarcéré à Dakar depuis 2016 après avoir été reconnu coupable par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE), créées en vertu d’un accord entre l’Union africaine (UA) et le Sénégal pour juger M. Habré au nom de l’Afrique afin de ne pas livrer à un pays occidental tel la Belgique qui le réclamait.

Enfin, Fatime Raymonde Habré en veut terriblement à la presse sénégalaise qui, de son point de vue, aurait fait une couverture médiatique partiale et défavorable à son époux lors de son jugement.  Elle  affirmé que Africa Premium Consulting  a reçu 800 millions financé par Idriss Deby  et l’a distribué à «20 oranges de presse » pour «démolir» l’image de son époux avant même son procès et créer « un conditionnement psychologique» à condamnation  a priori de Hissène Habré. Idriss Deby n’est sans doute pas un ange. Madame Habré semble aussi jouer la victime comme si le règne de son époux n’avait pas fait aussi des victimes.

 Pourtant, monsieur Habré (80 ans) avait été jugé et condamné pour le 30 mai 2016 pour « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité », « tortures » et « viols » pendant son magistère en tant président de la République du Tchad (1982-1990), avant qu’il ne fût renversé par son ex-bras droit d’alors Idriss Deby (1990-2021), qui était son commandant d’armée. Le régime dure qu’a dirigé Hissène Habré et son successeur Idriss Deby aurait fait quelques 40 000 morts, selon l’accusation portée par les rapports d’enquête de l’ONG américaine Human Right Watch (HRW). ONG à laquelle Madame Habré en veut également en même temps que la France accusée elle aussi d’être représentée par HRW dans le dossier. Nous publions ci-dessus la réaction in extenso d’Abdou Lô à l’intention Fatime Raymonde Habré et de l’opinion publique.

Réaction Abdou Lô

Suite aux déclarations de Madame Fatime Raymonde Habré nous accusant d’avoir reçu et distribué 800 millions de francs CFA à la presse sénégalaise pour salir le nom de son mari, je tiens à apporter les précisions suivantes : 

– L’ensemble des activités des Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal créé en 2013 par un accord entre l’Union africaine (UA) et le Sénégal, est dans le domaine public. Pour ceux qui veulent vraiment savoir, il suffit de se rapprocher de l’administration sénégalaise pour en obtenir tous les détails, y compris les dépenses. 

– Mais à l’attention de Madame Habré et de l’opinion, il est utile de savoir que dans le cadre d’un appel d’offre international concurrentiel pour prendre en charge la sensibilisation sur les Chambres africaines extraordinaires (CAE), un consortium composé de trois (3) structures internationales avec mon ancien cabinet (Primum Africa Consulting) comme tête de file, a été choisi.

 – Ce travail de sensibilisation est une activité considérée comme nécessaire pour ce type de tribunal ad hoc (Tribunal spécial pour la Sierra Leone, Tribunal spécial pour le Liban, etc.), à l’information d’abord des populations les plus concernées par les procès. 

– Un contrat a été signé entre le tribunal et le consortium pour un montant de 559 979 984 millions de F CFA sur une durée de 2 ans avec pour mission d’apporter aux populations tchadiennes (loin du tribunal), sénégalaises (chez qui le procès a eu lieu) et internationales (qui s’intéressaient évidement à ce type de procès), des informations factuelles et rendant compte des points de vue de toutes les parties au procès, rigoureusement et sans exception.

 – Nous avons organisé plusieurs fora au Sénégal, au Tchad et à l’international avec des universitaires, des acteurs de la société civile et des associations de victimes.

 – Nous avons officiellement et systématiquement invité les défenseurs de Monsieur Hissein Habré à prendre part à ces débats pour donner leur point de vue. Ils ont toujours refusé. 

– Nous avons effectué plusieurs voyages dans plusieurs pays d’Afrique pour expliquer le travail du tribunal et toutes les étapes du procès. Nous avons fait venir des journalistes tchadiens au Sénégal pour leur permettre de couvrir le procès, et organisé le voyage de journalistes sénégalais au Tchad pour qu’ils puissent y faire leur travail en toute indépendance.

 – Dire que nous avons distribué 800 millions de F CFA à la presse sénégalaise est un mensonge honteux et un affront à l’indépendance des dizaines de médias et journalistes sérieux avec qui nous avons travaillé.

 – Le consortium de sensibilisation sur les CAE n’avait pas pour mission d’interférer dans le travail de la justice et n’y est pas intervenu. Le tribunal a estimé à l’issue de la procédure judiciaire qu’il avait suffisamment de preuves pour retenir la culpabilité de l’accusé pour les faits de crimes contre l’humanité et crimes de guerre. 

– La décision des CAE est devenue définitive, en appel, il y a exactement quatre ans, le 27 avril 2017. Dès lors, les membres du consortium de sensibilisation ne peuvent être concernés par le débat sur la culpabilité de l’accusé. En professionnels aguerris et fervents croyants, nous ne sacrifierons jamais notre crédibilité et nos convictions sur quelque autel que ce soit. Ceux qui interagissent avec nous depuis des années peuvent en témoigner. Merci! 

PS: Ceci sera mon unique et seule intervention sur cette question. Tous les documents étant disponibles auprès de l’administration sénégalaise »

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